IV - La TristesseMon histoire

Chapitre 15 – IV. La Tristesse / 1. Une autre forme de traitement de la sclérose en plaques ?

Ecrit par 7 février 2018 3 commentaires

HISTOIRE / Atteinte de la sclérose en plaques depuis mes 23 ans, j’ai toujours refusé tout traitement allopathique et me suis orientée vers un chemin thérapeutique moins conventionnel. Après un long parcours rempli de hauts et de bas, je vis aujourd’hui en harmonie avec celle que je nomme ma meilleure ennemie. C’est ce chemin que je souhaite partager pour présenter une expérience, emprunte de résilience, et une autre façon de percevoir les épreuves que nous traversons. Car, au final, elles sont souvent des messages pour apprendre à mieux nous connaître et trouver le moyen de vivre en phase avec nous-mêmes.

Synopsis : dans le chapitre 14je précisais le pouvoir des émotions et, surtout, à quel point le fait de les retenir pouvait nous impacter. Suite à une deuxième poussée, à peine quelques mois après la première, j’entrais alors dans la phase de Tristesse. 

 

 

Rupture sentimentale …

Mon stage se finit tant bien que mal vers la fin du mois de juillet. Je rentrais en France avec soulagement et enthousiasme à l’idée des vacances qui m’attendaient.

Mais rapidement, une nouvelle onde de choc vint s’abattre sur moi. Mon compagnon de l’époque marquait de plus en plus de distance avec moi, n’arrivant certainement plus à s’y retrouver dans notre histoire, alors que mon attention ne tournait plus qu’autour de cette maladie. J’étais obnubilée par l’idée de refaire une poussée et de revivre ce traitement de la sclérose en plaques préconisé par les médecins. Du coup, chacune de mes actions était menée en pleine conscience, en cherchant à suivre les recommandations médicales. Autant vous dire, que je ne vivais pas avec légèreté.

Même si j’avais senti que ma relation amoureuse avait pris un autre tournant suite à cette annonce, je n’y avais donc pas vraiment prêté attention sur le moment, toute à mon combat pour traverser ces épreuves.

Un jour, ce fut mon père qui vint me voir et qui prit le risque de me questionner sur mon histoire. Mes parents sentaient tous les deux qu’il était en train de me quitter et redoutaient fortement le moment où je m’en rendrais compte. En temps normal, je sais qu’ils n’auraient jamais interféré dans cette partie de ma vie mais, après concertation et réflexion, ils prirent le parti de m’en parler, me voyant gaspiller toute mon énergie à essayer de continuer mon couple qui n’en était plus un.

Au mois d’août, j’ouvrais enfin les yeux et me décidais à y mettre un terme. Cette rupture n’était pas un réel choix de ma part mais plutôt une autre conséquence de l’arrivée de cette maladie dans ma vie. De plus, il s’agissait alors de ma première vraie histoire et relation sérieuse. Cela m’affecta énormément.

 

… et deuxième poussée !

 

Toute à ma douleur, je partis me réfugier chez ma meilleure amie à Amsterdam. Le soir même de mon arrivée chez elle, les picotements, la perte de sensibilité et les décharges électriques se manifestèrent de nouveau et une nouvelle poussée fit son apparition. Ces courtes vacances furent très éprouvantes et en rentrant en France, quelques jours après, j’étais effondrée. La perspective de revivre ce traitement de la sclérose en plaques et ses effets secondaires me paraissait insurmontable et je sombrais dans une profonde déprime.

Mes parents étaient en vacances à cette époque et je refusais qu’ils reviennent. Cette poussée, cumulée à la rupture, agirent comme un électrochoc. Sur le moment, je ressentis fortement le besoin de traverser ce moment, seule, et de vivre cette Tristesse entièrement pour pouvoir me confronter réellement à cette maladie et espérer remonter par la suite. Je me sentais enfin prête à aller affronter cette douleur et je me laissais sombrer réellement, mes crises de larmes n’ayant plus rien de colérique, seulement une profonde détresse face à ce que je considérais comme une injustice.

 

Une autre forme de traitement de la sclérose en plaques ?

 

De retour en France, j’informais une très bonne amie de ma mère, médecin et acupunctrice, par sécurité. Elle me proposa alors de me faire des séances d’acupuncture. Selon elle, il était possible de faire quelque chose à l’aide de cette médecine chinoise, que je connaissais peu à l’époque et que j’avais testée  seulement une ou deux fois — même si mes parents en étaient très adeptes.

En tant que médecin et amie de la famille, elle m’assura que si cela ne fonctionnait pas, elle m’amènerait elle-même à l’hôpital. Cette amie vint chaque jour, pendant une semaine, me faire une séance d’acupuncture et, à la fin de la semaine, j’avais retrouvé une grande partie de ma sensibilité et le reste était en train de régresser. J’avais pleinement confiance en elle et, surtout, il ne m’était pas envisageable de retourner me confronter à la lourdeur du traitement de la sclérose en plaques à l’hôpital. Sans l’avoir conscientisé, j’étais prête à essayer une autre façon de me soigner et de par mon environnement familial, j’avais l’intuition qu’il pouvait y avoir d’autres alternatives.

 

L’acupuncture, c’est quoi ?

traitement de la sclérose en plaques

L’acupuncture est une technique de médecine chinoise ancestrale – les plus vieilles aiguilles, en pierre à l’époque, datent de cinq mille ans – ayant été importée en Europe, par les Jésuites, au XVIIe siècle. Elle agit sur la circulation de notre énergie vitale – le « ch’i » – dans notre corps. L’énergie d’une personne en bonne santé circule de façon harmonieuse, grâce au Yin et au Yang. Tout déséquilibre, lorsqu’un organe est trop actif ou, à l’inverse, déficient crée soit une forme de blocage énergétique, comme un « embouteillage », qu’il faudra éliminer, soit un vide énergétique, qu’il faudra réactiver. Que ce soit dans le cas d’un trop plein ou d’un manque, cela se traduit par des symptômes, des douleurs, des insomnies …

 

L’acupuncteur, suite à un examen approfondi par le biais d’un entretien préalable, de l’observation de la langue, du teint, de la palpation du corps et de la prise du pouls, se renseigne sur l’état énergétique du patient. Cela lui permet alors de savoir quels sont les organes touchés et les points de passage de l’énergie qu’il doit aller stimuler avec de fines aiguilles pour fortifier cet organe et rétablir l’harmonie. D’un patient à l’autre, pour le même symptôme, ces points peuvent même être différents.

Je ne pense pas qu’il s’agit d’un traitement de la sclérose en plaques en tant que tel. Mais ses effets sur nos organes vitaux et nos émotions doivent certainement pouvoir nous apaiser.

 

Acupuncture et émotions

 

La médecine orientale a toujours considéré que le psychisme et les émotions étaient en connexion étroite avec le plan physique : les tensions psychiques se convertiront toujours en tensions physiques, comme notamment dans le cadre du stress, du chagrin ou de la colère. Ils distinguent cinq entités viscérales, psychiques qui sont rattachées aux cinq organes : la Colère est reliée au Foie, la Joie au Cœur, la Soucis à la Rate, la Tristesse aux Poumons et la Peur aux Reins. En fonction des manifestations psychiques, l’acupuncteur pourra déterminer l’organe qui est atteint. Et en le rééquilibrant énergétiquement, cela pourra améliorer grandement l’état psychique. Par exemple, si je suis en colère, je bouillonne intérieurement, mon foie finit donc par être affecté. Mais plus mon foie devient atteint, plus ma colère s’intensifie et je la ressasse intérieurement, entrainant une rumination mentale, des insomnies, une mauvaise humeur … Le fait de rééquilibrer mon foie peut me permettre par la suite d’y voir plus clair, de me décharger plus librement de cette colère. Elle n’est enfin plus présente dans mon corps et je peux la vivre de façon plus lucide.

L’acupuncture agit aussi sur tout ce qui concerne les inflammations., ce qui est le cas lors d’une poussée. Cette amie de ma mère me connaissait très bien, depuis plusieurs années, et connaissait ma sensibilité. Elle savait que je me laissais complètement aller lors de nos séances et que je répondais bien à ce traitement.

 

Récupération complète de la poussée

 

Dans tous les cas, pour moi, l’acupuncture fut une révélation. D’un seul coup, face à cette possibilité de traitement de la sclérose en plaques me concernant, ma maladie me faisait moins peur. Il pouvait y avoir des méthodes plus douces lors de poussée qu’un bolus de cortisone.

Je ne sais pas aujourd’hui si cela peut fonctionner pour tout le monde. Je pense que cela dépend de la sensibilité de chacun et de la capacité à lâcher prise. Le but de ce chapitre est tout simplement de présenter la manière dont j’ai vécu ce soin. Par la suite, je n’ai plus jamais refait de bolus.

Cela ne m’empêcha pas de sombrer dans une profonde Tristesse et de chercher des clés pour m’en sortir.

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