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Solitude et maladie | Comment sortir de l’isolement ?

Ecrit par 3 février 2020Aucun commentaire
solitude et maladie

Je me sens seul(e) … Je me sens isolé(e) … Personne ne comprend ce que je vis … Personne ne comprend ma maladie…

C’est quelque chose que j’entends régulièrement. En effet, depuis quelques mois, j’ai commencé des séances en tant qu’apprentie psycho-praticienne* en relation d’aide. Pour moi, il s’agit de valider mes pratiques dans le cadre de ma formation. Et, admettons le aussi, de faire ce qui me passionne depuis toujours : l’accompagnement ! Quant aux personnes, souvent touchées par une maladie, qui souhaitent participer, j’offre ainsi un espace de parole. Elles y trouvent un endroit pour se confier.

Je me suis alors rendue compte que, nombreuses d’entre elles, ressentaient cette sensation de solitude et d’isolement, face à leur maladie.

Mais, solitude et maladie, cela va-t-il forcément de pair ? Est-ce que notre isolement est vraiment lié à notre pathologie ?

Solitude et maladie : ma propre expérience

Faire comme si de rien était

Quelque part, moi aussi, je l’ai ressentie au début. Au fond, qui pouvait comprendre ce que je vivais ? Parmi mon entourage, mes amis, mes proches, tout le monde était en bonne santé.

Pendant longtemps, je ne savais plus comment aller vers les autres. Je n’avais plus la même joie de vivre qu’eux. Quelque part, ma vie à moi s’était arrêtée, à 23 ans ! Alors comment aller vers eux alors que je n’avais plus les mêmes possibilités, les mêmes ouvertures ?

Au départ, j’ai décidé de changer la donne, faire comme si de rien était ! Tout faire pour que, surtout, on ne me plaigne pas ! Ouiii, youpiiii, regardez comme je suis forte, comme je suis une battante ! Continuons de rire tous ensemble et ne regardez pas en moi comme j’ai mal !

OU me plaindre pour exister

Mais le coeur n’y était pas. Au fait, je dégoulinais de superficialité. Je n’étais pas réellement VRAIE. Et mon entourage, inconsciemment, n’était pas dupe et fuyait. Non pas par méchanceté. Mais comment arriver à être en lien avec une personne qui n’est pas au clair avec ce qu’elle est réellement ?

Par la suite, j’ai fait la seule et autre unique chose que j’étais en mesure de faire à ce moment là : me plaindre. J’essayais de raconter ce qui m’arrivait, en exagérant. Bon, j’avoue le côté méridionale devait jouer un peu. Mais il fallait que les autres réalisent ! Du coup, je ne parlais plus que de ça.

Inconsciemment, au fond de moi, j’avais besoin que mon entourage me plaigne. Dans ma représentation, ainsi il allait s’occuper davantage de moi. Et me regarder ! Me faire exister ! Ainsi je serais moins isolée avec ma maladie.

Ma sortie de la solitude : la thérapie

Cela a duré longtemps. L’isolement a commencé à me gagner peu à peu. Je me disais que solitude et maladie étaient forcément liées. J’étais malade, donc forcément, cela ne pouvait pas attirer les gens. Et bien sûr, je me posais aussi la fameuse question ! Celle que toutes les personnes célibataires se posent lorsqu’elle sont touchées par une pathologie. Mais qui va vouloir de moi avec cette maladie, sclérose en plaques ou autre ?

Oser aller au contact des autres

Cette solitude m’enferma de plus en plus. Au fond, je ne savais même plus comment entrer en contact avec les autres.

Alors, ce sera à chacun d’entre vous de trouver ses propres outils. Parfois un électrochoc suffit, une prise de conscience plus forte que les autres ! Mais, pour ma part, c’est la thérapie qui m’a aidée. (Cf article : Pourquoi j’ai fait une thérapie face à ma sclérose en plaques ?) C’est ce qui m’a sortie de là !  Pour la simple et bonne raison qu’à travers ces séances, j’ai appris à me découvrir. Et surtout, j’ai appris à m’aimer.

Du coup, une révélation s’est faite. Si je m’aimais, je n’avais plus besoin d’aller chercher à combler ce manque d’amour à travers les autres. Et si je m’aimais, j’osais aller rencontrer les autres !

Pas étonnant que je devienne aujourd’hui psycho-praticienne* à mon tour 😉

Oser demander

En réalité, le plus difficile est avant tout d’être en phase avec nous-même. D’apprendre à nous aimer. Le reste du chemin se fait tout seul. Car alors nous sommes en mesure de faire quelque chose qui nous semble impossible au départ. Entrer en contact avec les autres.

Lorsque je demande aux personnes si elles ont des proches dans leur entourage qu’elles souhaiteraient voir, pour se sentir moins seules, la réponse est invariablement la même : oui mais j’ai peur de les déranger.

Mais avez-vous, au moins, osé demander ? Avez-vous ouvertement exprimé votre désir de passer du temps avec votre meilleur(e) ami(e), ce groupe d’ami(e)s proches, ce cousin éloigné, ce frère ou cette soeur ? Voire ce conjoint avec qui vous ne parvenez plus à communiquer.

Et oser remettre en question la relation

Si vous sentez le rejet de leur part face à votre demande, peut-être alors que vous vous trompez sur la nature de la relation que vous avez avec eux. Mais cela n’a pas forcément à voir avec la maladie.

Et si le lien est faussé, quel est le but de s’entêter à maintenir une relation qui vous fait vous sentir encore plus isolé(e) puisque la personne en face est fuyante ? Mais si leur intention est bienveillante envers vous, peut-être qu’ils auront plaisir à trouver un moment pour vous voir.

Rappelez vous d’une chose : ne projetez pas sur autrui les réactions qu’ils pourraient avoir face à une de vos demandes. L’essentiel est avant tout de formuler cette demande. Et c’est un travail qui peut se faire en étant accompagné(e). Non seulement le fait d’oser cette demande ! Mais aussi de savoir comment la formuler, en se respectant et s’écoutant.

L’importance de la confiance en soi

Mais pour cela, il faut avoir confiance en les autres. Et pour avoir cette confiance, il faut avant tout avoir confiance en soi. Pour pouvoir faire le tri entre les bonnes personnes et celles qui nous conviennent moins. Respectez-vous et vous serez automatiquement respecté. Aimez-vous et si, au pire, quelqu’un ne vous apprécie pas, cela ne vous affectera pas. Au contraire, cela vous donnera des ailes pour aller vers d’autres personnes, plus bienveillantes à votre égard.

Je ne suis pas convaincue de l’association solitude et maladie. Car quand on s’aime suffisamment, on n’a plus peur d’aller vers les autres. D’aller faire de nouvelles rencontres. Aujourd’hui, internet permet tellement de possibilités pour des rencontres au réel : le site On Va Sortir, les groupes Meetup, des associations, des centres d’intérêts partagés …

Peu importe le fait d’être touché(e) par une maladie ou pas ! Il suffit simplement d’être vous-même. Avec vos limites. Et de savoir exister pleinement en dehors d’elles.
D’ailleurs, à sortir de l’isolement, on retrouve de l’énergie, de l’envie, du désir … Et on focalise moins sur nos douleurs.

Mes projets à venir ...

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Pour ce fait, j’ai dans l’idée d’ouvrir par la suite un accompagnement thérapeutique sous forme de groupes, où chacun pourrait se rencontrer et s’aider mutuellement à mieux se connaître et s’aimer.

C’est encore un projet et, évidemment, je vous tiendrai informés de son évolution. Mais n’hésitez pas à laisser un commentaire, si c’est quelque chose qui pourrait vous intéresser. Et surtout, de m’indiquer ce que vous souhaiteriez trouver dans ce format d’accompagnement !

 

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* Psycho-praticien : C’est un terme qui désigne les personnes qui accompagnent en psychothérapie les patients qui en éprouvent le besoin, pour mieux se connaître, sortir de leurs souffrances, apprendre à s’aimer, trouver un sens à leur vie ou faire le point, traverser un moment difficile, aller mieux … Le psycho-praticien a été formé dans une école privée, avec un courant spécifique (Relation d’aide, Gestalt…). Il s’agit en réalité du nouveau terme pour désigner les personnes qui ont étudié la psychothérapie mais qui, depuis la nouvelle loi de 2010, n’ont plus le droit d’utiliser l’appellation “Psychothérapeute”. Cette dernière ne peut être employée désormais que par les personnes étant issues de la faculté de psychologie et ayant, en plus, en diplôme privé en psychothérapie.  

 

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