Maladie et médecines douces | la sophrologie pour aider dans la maladie

Ne t’inquiète pas, j’ai appris que les émotions se montrent parce qu’on est humain et sensible. On se laisse bien rire, pourquoi ne pas se laisser pleurer ?  Mes souvenirs sont là, mon histoire aussi, et je ne la cache pas.  J’y pense souvent sans être triste et je vais bien maintenant” 

Mise en place de la première séance

J’avais rencontré Aline, quelque temps après l’annonce de son diagnostic de leucémie. C’était alors une jeune maman de trente ans. Elle avait déjà commencé le traitement préparatoire à une greffe de moelle osseuse et se posait énormément de questions. Elle avait du mal à gérer son stress et ses émotions. Et elle ne trouvait que peu de soutien, voir aucun, du côté du corps médical à ce sujet.

Une de ses amies, que j’avais suivie pendant sa grossesse, lui avait alors parlé de mon activité. Aline m’avait donc contactée pour voir si elle pouvait s’appuyer sur la sophrologie pour aider dans la maladie. Elle était partante pour essayer !

La première séance s’était déroulée chez elle, ainsi que les suivantes. Il fallait notamment pour ne pas éprouver son système immunitaire déjà bien diminué.

Il faut alors savoir qu’à l’occasion de cette séance initiale, en général, on parle beaucoup. J’ai besoin de beaucoup d’informations pour déterminer qui est la personne en face de moi. Je me renseigne sur ses besoins, sa demande et sur ses ressources, sur lesquelles je vais pouvoir m’appuyer pour l’aider. De mon côté, j’en fournis aussi pas mal : en quoi consiste la sophrologie, quelles sont ses origines, comment on pratique…

La compréhension des blocages d'Aline

Concernant Aline, j’avais besoin de mieux connaître le protocole médical (son traitement et ses conséquences). Et, surtout, la manière dont elle l’appréhendait, les représentations qu’elle en avait, ce qu’elle ressentait, aussi bien physiquement que psychiquement. Il me fallait comprendre comment elle se sentait vis à vis de sa maladie et du parcours médical qu’elle avait commencé.

Voici ce que j’avais alors pu remarquer :

L'importance de l'aider à aller vers l'Acceptation

La découverte de sa leucémie et les traitements proposés obligeaient Aline, d’un seul coup, à devoir accepter de nombreuses choses dans sa vie :

  • une maladie
  • la fatigue : les traitements entraînent une fatigue très intense et, certains jours, elle ne savait pas où et comment trouver de l’énergie.
  • des médicaments et leurs effets. Pour Aline, la notion de “médicaments” résonnait fortement avec la notion de “poisons pour le corps”. De plus, le traitement préparatoire à la greffe était décrit, selon ses mots, comme un “ouragan avec lequel tu ne sais pas trop à quoi t’attendre en effets secondaires”
  • devoir être séparée de ses enfants
  • des doutes quant à l’issue des traitements et de la greffe
  • une ménopause qui se retrouvait forcée, en raison des traitements

Il y avait là un réel travail pour l’accompagner sur ce chemin !

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Il me fallait surtout la soutenir face à la peur de la greffe. Ce traitement à venir représentait pour Aline quelque chose de “brutal et violent pour le corps” qui, de surcroît, n’était pas “gagné d’avance” !

L'importance de l'aider à gérer son stress

Il y avait aussi l’omniprésence du stress, engendré par les peurs, par les différents actes médicaux (prise de sang, médicaments ou encore la greffe). Et, surtout, le stress lié à l’attente des résultats, qui apparaissait suite à chaque prise de sang.

Aline n’avait jamais pratiqué la sophrologie, ni le yoga, ni la méditation.
Il nous fallait donc partir de la base : la respiration. Je savais que je pouvais m’appuyer sur sa grande motivation et sa forte volonté. Je savais qu’elle s’impliquerait intensément et qu’elle pratiquerait assidûment. Elle avait cette intuition que l’accompagnement médical et psychologique de l’hôpital ne lui suffiraient pas.

Selon son point de vue, l’hôpital gérait le côté technique. Elle appréciait, certes, ses rendez-vous avec la psychologue pour pouvoir en parler, obtenir plus d’explications sur le déroulement de son traitement et être rassurée.

Mais elle avait besoin de s’impliquer vraiment dans son processus de guérison, d’en être également actrice. Et c’est là elle sentait qu’elle pouvait s’appuyer sur la sophrologie pour aider dans la maladie.

Des exercices de sophrologie pour aider dans la maladie

Au fur à mesure des séances, je me suis appliquée à répondre à ses besoins. Ceux qui avaient été définis à la première séance puis ceux qui sont apparus par la suite. Il était très important pour moi de m’adapter afin d’être au plus près de ses réflexions et découvertes. Surtout dans le cadre de mon activité !

Le but était de lui proposer des outils qu’elle pouvait ensuite utiliser en toute autonomie.

Parmi ces outils, il y avait :

1 – D’abord des respirations !

Oui la respiration est la base de la sophrologie pour aider dans la maladie. Ou aussi pour pouvoir apaiser le corps et l’esprit.

Après avoir vérifié que sa respiration de base, complète, était bien en place, Aline  pouvait alors, suivant la nécessité du moment, utiliser :

– Une respiration de base modulée avec différentes intentions :

  • se calmer pendant les moments de stress, de doutes
  • intensifier l’élimination des toxines
  • apaiser son mental avec une respiration dirigée vers la tête
  • se rassurer avec une respiration centrée sur le ventre
  • accueillir et de laisser s’exprimer physiquement une émotion pour pouvoir ensuite mieux la mettre en mots et la convertir en émotion inverse (peur/courage/espoir)

– Une respiration pour empêcher que son mental prenne le dessus, pour l’empêcher de “ruminer”

– Une respiration pour lui amener un peu plus d’énergie

2 – Lui apprendre à se détendre

J’avais pour but de lui proposer plusieurs manières de se détendre à travers la sophrologie pour aider dans la maladie. Cela lui permettrait aussi d’acquérir une conscience plus fine de son corps.

Mais il s’agissait principalement d’exercices qui pouvaient agir sur différents plans :

  • pouvoir se reposer et économiser de l’énergie
  • faciliter les actes médicaux et éviter les douleurs : en respirant calmement et focalisant la détente sur l’endroit où l’infirmière piquerait, par exemple
  • apaiser le corps pour calmer le mental
  • permettre un profond lâcher-prise
  • améliorer son endormissement afin d’avoir un sommeil plus récupérateur

3 – La technique de la visualisation

L’idée de cette technique était de l’aider à visualiser des images positives, à envisager le futur de manière positive. Cela lui permettait de visualiser un déroulé de sa vie idéal pour les prochains mois.

Cette technique était aussi très bénéfique pour aider à installer plus profondément en elle l’acceptation et le lâcher-prise.

La séance préférée d'Aline

C’est une séance que j’avais enregistrée, ainsi elle pouvait la réécouter à volonté. Elle m’a d’ailleurs dit l’avoir écoutée des millions de fois 🙂

Dans cette séance, il était question de la guider tout d’abord dans une détente profonde (le niveau sophro-liminal, dans notre jargon technique). Puis, par la suite, je lui ai proposé une visualisation.

Elle devait alors visualiser les molécules médicamenteuses comme une énergie, qu’elle laisserait couler, circuler, pour laisser le traitement faire son travail de préparation à la greffe. Ensuite, elle devait visualiser l’apport de moelle, avec l’intention d’accueillir ces nouvelles cellules, de leur faire une place, sans se fermer, sans résister.

Grâce au travail de son corps, cela lui permettait en réalité d’évacuer le côté toxique, nocif. Peut-être n’en avait-elle pas conscience, mais son corps OUI !

Bien sûr nous avions longuement préparé cette séance en amont, ensemble, en utilisant ses mots, ses images et en transformant ses croyances “négatives”, ses peurs pour que cela fonctionne.

Aujourd'hui, 6 ans après ...

Aujourd’hui, 6 ans après, Aline est (toujours) une jeune maman active. Elle a repris son travail et va très bien.

La sophrologie lui a permis, m’a-t-elle dit, d’avoir des séances centrées sur ELLE, qui agissaient plus en profondeur. Cela lui a appris à gérer “l’inévitable côté émotionnel” selon ses propres mots, à positiver, à lâcher-prise et laisser le temps au temps. Et, d’ailleurs, elle utilise encore quelques respirations dans sa vie quotidienne.

Même si elles n’ont pas toujours été faciles (beaucoup de larmes auront coulé), ces séances l’ont beaucoup aidée pour garder état d’esprit positif et apaisé.

 

Nous savons désormais à quel point l’état d’esprit peut influer sur la guérison. Et c’est justement à ce niveau qu’il est possible d’utiliser la sophrologie pour aider dans la maladie.

Il y a eu beaucoup d’émotions lorsque nous avons reparlé de cette période. Je ne souhaitais pas particulièrement la replonger dans ces souvenirs difficiles. Mais elle a eu ces mots magnifiques, sur lesquels je souhaite conclure mon récit :

Ne t’inquiète pas, j’ai appris que les émotions se montrent parce qu’on est humain et sensible, on se laisse bien rire, pourquoi ne pas se laisser pleurer ?  Mes souvenirs sont là, mon histoire aussi, et je ne la cache pas.  J’y pense souvent sans être triste et je vais bien maintenant

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Qui je suis ?
bien vivre avec la maladie

Je suis Lisa Brienne, je suis psy et sophrologue certifiée et j’ai moi-même une sclérose en plaques depuis 14 ans.

Je propose ici des outils pour vous aider à accepter et vous sentir mieux au quotidien avec votre maladie chronique et vos émotions.

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